CONFIDENCES – MA VIE AUPRÈS D’ANDRÉ MOREAU

Un matin de l’année 2016, je réfléchissais au moyen de promouvoir l’oeuvre du philosophe connu André Moreau, quand un éclair se fit dans mon esprit : j’allais proposer aux jovialistes de participer à un écrit collectif dans lequel chacun pourrait donner un témoignage sincère de son expérience personnelle vécue en contexte jovialiste ! Cette idée fut alors si soudaine et le sentiment d’être dans le vrai si fort, que je compris instantanément que ce livre était déjà écrit quelque part dans l’invisible comme une preuve irréfutable de l’importance de cet enseignement magistral.

Dès mon réveil, je m’attelai à la tâche de rédiger un courriel destiné aux jovialistes afin de les inviter à un prochain party au cours duquel je leur ferais connaître mon projet. Un mois plus tard, alors que nous avions préalablement déplacé et entreposé temporairement chez un ami nos meubles pour libérer le salon et une grande chambre, nous recevions plus de 70 personnes chez nous. Au fur et à mesure que les invités se présentaient, je sentais palpiter mon cœur d’une joie indicible, stupéfaite et heureuse du résultat de mon invitation.

Il y en avait de tous âges et de tous genres. Trois générations de jovialistes étaient représentées : les anciens qui avaient connu les débuts d’André dans les années 70, écouté son Sermon sur la montagne ou assisté à son Marathon philosophique de 24 heures;  ceux de ma génération qui l’avaient vu en compagnie de demoiselles en bikini dans un bain tourbillon lors du Salon de l’érotisme de Montréal où ses propos inusités et son attitude scandaleuse continuaient de provoquer l’esprit des gens pour les sortir de leur sommeil; et enfin, on comptait sur les lieux ceux de la dernière génération, principalement des jeunes gens avides de mieux comprendre cet enseignement supérieur qui mène à l’éveil.

Chacun avait apporté de quoi boire et manger et, autour d’une table bien garnie, s’en donnait à cœur joie, buvait et se servait tout en bavardant. Avant de leur faire part du projet et, histoire d’agrémenter l’atmosphère, Isabelle, une de nos jeunes amies à qui j’avais préalablement demandé sa participation, nous avait offert un magnifique spectacle de baladi. C’était parti : l’ambiance se réchauffait, la musique jouait, les rires fusaient !

Une heure plus tard, faute de micro pour apaiser tout ce beau monde, je m’emparai d’une clochette de bronze qui traînait sur un bureau et la fis sonner pour réclamer le silence.  Graduellement le bruit des voix s’atténua, et avec enthousiasme je les entretins du projet qui m’excitait tant. Tous m’écoutaient attentivement, et au fur et à mesure que mes explications se précisaient, je percevais dans leurs regards le désir de se joindre à moi pour réaliser ce rêve : ensemble, nous allions créer un livre en hommage au philosophe André Moreau et montrer au monde entier que le Jovialisme était vivant, fort, accessible, mais surtout inspirant pour quiconque cherchait à vivre de l’absolu !

Outre les jovialistes décédés qui auraient certainement pris grand plaisir à porter témoignage des bienfaits qu’ils avaient retirés de cette philosophie —  je pense ici à tous ceux qui avaient assidûment suivi les conférences d’André et lu ses livres, à ses parents qui l’ont toujours soutenu, à sa merveilleuse compagne Francine dite « la Déesse » ainsi qu’à son ancien secrétaire Pierre Boudreau —, 85 personnes souhaitèrent participer à ce projet collectif. Beaucoup d’autres me firent savoir leur désir de lui rendre un bel hommage, sans toutefois se sentir capables de mettre sur papier leurs sentiments faute d’une santé adéquate pour le faire, sinon par crainte de ne pas être à la hauteur car n’ayant pas la plume facile.

Quelques six mois plus tard, afin de préserver l’esprit du groupe et de trouver un titre à notre livre, je les convoquai tous à nouveau. Ce fut une autre rencontre mémorable. Chacun y avait pensé et inscrit sur un bout de papier un titre qu’un de nos amis retranscrivait sur un tableau à la vue pour tous. Nous avons voté et le titre suggéré par Sylvain Gaudet fut acclamé à l’unanimité. Ainsi, cet ouvrage collectif d’intitulerait L’Épopée jovialiste.

Et l’aventure s’est poursuivie durant près de trois ans ! Uniquement pour recevoir les textes, les envoyer à nos trois correcteurs d’épreuves et les renvoyer par la suite aux participants pour confirmation, j’ai bien dû échanger avec mes correspondants des centaines de courriels. Mais ce n’était pas tout. Il fallait amasser les fonds nécessaires à la publication. Du fait que les maisons d’édition privilégient les futurs best-sellers aux livres d’un philosophe controversé et que beaucoup de libraires préfèrent tenir sur leurs tablettes des livres de cuisine ou de contes pour enfants qui se vendent beaucoup mieux que les livres d’André Moreau, il me fallait trouver une solution pour financer la publication. C’est ainsi que j’offris aux jovialistes de me payer à l’avance afin de réserver leur propre exemplaire. Une fois la somme réunie, j’avais maintenant besoin d’une secrétaire pour m’aider à faire la mise en page. C’est simple : demandez et vous recevrez ! Stéphanie, une de nos amies, ne demandait qu’à me soutenir dans cette tâche. Fortement intéressée par ce projet de création, elle devint non seulement ma secrétaire, mais mon éditrice ! Elle s’occupa de tout avec un doigté incroyable et… beaucoup de patience : mais c’est qu’il en faut pour travailler avec moi, mes exigences se comptant par milliers !

Quant à la merveilleuse présentation de la couverture qui fut créée par un de nos amis expert en infographie, Nicolas Lehoux je tiens à la garder secrète pour l’instant afin de réserver la surprise aux participants.  Le lancement du livre se fera en avril 2019.

Je ne remercierai jamais assez les jovialistes qui m’ont accordé leur confiance et leur soutien tout au long de cette prodigieuse aventure. Grâce à eux, la postérité saura qu’il y avait auprès du philosophe André Moreau des gens intelligents et suffisamment ouverts d’esprit pour le comprendre, l’apprécier et vivre selon son enseignement. Les jovialistes savent que le plaisir conscient — bien plus que la douleur, les sacrifices, l’effort, le contrôle de soi et la compétition — mène à la réalisation de soi, à l’être.

©2021 Jackie Lacoursière | Création du site ChampionWeb.ca

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