CONFIDENCES – MA VIE AUPRÈS D’ANDRÉ MOREAU

Il m’en aura fallu du temps pour comprendre l’importance du bonheur dans ma vie ! L’amour me semblait tellement plus intéressant comme concept. J’appréciais certes mes petits plaisirs, comme ceux de me procurer une robe neuve ou une belle voiture, mais j’ignorais que le vrai bonheur est possible sur terre.

Un jour, je me souviens avoir demandé à mon être tout-puissant et éternel (celui qui est plus moi-même que moi-même) la faveur de faire naître la Joie en moi, une joie profonde et inaltérable. Auprès d’André j’avais appris à bénir, et le temps était enfin venu pour moi de bénir mon identité divine et d’activer l’énergie des profondeurs. L’exemple permanent de la joie qu’il m’offrait, en dépit de l’incompréhension et des railleries de certains devant sa pensée hautement articulée, ainsi que l’exemple de la ‘’Déesse’’ qui rayonnait comme un soleil à ses côtés, m’incitaient à vouloir les imiter. Je voulais moi aussi devenir une déesse capable de faire face à tous mes problèmes dans le calme, la confiance et la sérénité. Ne dit-on pas que les dieux sont sans soucis ?

En réalité, je venais de DÉCIDER que je voulais vraiment être heureuse et que cela était également possible pour moi. A force d’y penser, de le vouloir, de bénir ma sérénité, ma joie, ma confiance, cela m’est enfin arrivé : un jour, j’ai réalisé que j’étais comblée, que grâce à mon être en qui j’avais mis toute ma confiance, je ne manquais plus de rien, qu’il s’occupait parfaitement de moi et que je pouvais m’en remettre entièrement à lui pour tout.  En fait, c’est la confiance qui a fait toute la différence. J’avais enfin cessé de douter ! Qu’il me manquât ceci ou cela m’importait peu désormais en comparaison de la douceur de vivre que je ressentais maintenant au fond de moi. Aussi… il me fallait désormais conserver ce bonheur, et pour cela je devais le protéger afin que plus rien ni personne ne puisse l’altérer ou le détruire.

Débuta alors un travail de conscience sur moi-même qui devait m’amener à devenir encore plus vigilante qu’auparavant, davantage consciente des pensées qui pouvaient me nuire. Je compris par exemple que d’écouter des films sentimentaux ou de la musique romantique qui me plongeaient dans de sombres ruminations ne m’avantageait pas, et que de me lancer dans cette voie en ressassant de vieux souvenirs pénibles ou de côtoyer des personnes négatives, mesquines ou dépressives m’affectaient considérablement.  Ce à quoi je mis un terme graduellement.

Tout devenait maintenant pour moi une question de confiance, de conscience et de vigilance. Pour rester dans la clarté, je me devais de refuser ce qui ne faisait plus mon affaire, comme par exemple de nier sur-le-champ les pensées défavorables qui se présentaient à mon esprit. Le chant des Sirènes ne pourrait plus troubler mon esprit. Je ne laisserais plus n’importe qui me dire n’importe quoi, j’évaluerais mes interlocuteurs, je saurais que quoique je dise ou que je fasse au nom de mon être, tout  serait parfait.

S’il m’arrivait, le matin surtout avant de me lever, d’imaginer mon petit chien en difficulté, ce qui m’angoissait terriblement, je chassais aussitôt cette image de ma tête en croisant mes deux avant-bras devant moi et en disant : « Non, cette pensée ne m’appartient pas ! », puis je bénissais la sécurité de mon coco. Dès lors l’image chimérique s’évanouissait et je retrouvais ma paix.

Le cafard du matin, avec ses petites poches de néant, qui me donnait parfois l’impression épouvantable de tomber en bas d’un 18e étage, alors que je sommeillais béatement dans mon lit, était maintenant hors-jeu. Je savais désormais comment venir à bout de ces attaques psychiques qui me déstabilisaient. Je pouvais faire taire les petites voix malsaines qui me troublaient, anéantir les fantasmes obsédants qui nuisaient à ma sérénité, me rappelant que tout problème n’est que représentation dans mon esprit; vivace ou évanescent, je ne le laissais plus m’importuner.

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Pour éviter de me perdre de vue,  – il est si facile de se faire récupérer par les soucis – forte de cette confiance miraculeuse en mon être, j’ai décidé à un certain moment d’élaborer une stratégie promotionnelle de moi-même. Cela se fit par la création d’une petite liste de choses à ne plus jamais oublier. Par exemple, chaque soir avant de m’endormir, en m’installant au cœur de mon être bienveillant, je commençais à bénir ma vie, mon harmonie, mon sommeil nocturne et mes rêves en pensant à d’agréables impressions pour qu’elles se développent la nuit de façon à illuminer dès mon réveil la journée suivante.

Au matin, je rendais grâce à mon être pour le sommeil réparateur qu’il m’avait accordé et je bénissais à nouveau ma journée, mes proches et tous ceux qui seraient sur mon chemin, me donnant ainsi l’assurance d’une protection êtrique. Ensuite je prenais le temps de noter mes rêves et de les expliquer afin de mieux comprendre ma psyché profonde.

Je me rappelais que j’étais seule responsable de moi-même, de mes pensées, de mes déboires comme de mes réussites, que tout est toujours parfait et dans l’ordre des choses quoiqu’il advienne, puisque mon être sait mieux que moi ce qui est bon pour moi.

Je reconnaissais l’importance du sommeil pour me régénérer, aussi dormais-je aussi souvent qu’il le fallait sans me sentir coupable. Je ne dilapidais plus mon énergie en pure perte, j’appréciais d’être bien avec moi-même et de ne rien faire. J’avais compris que rien ne m’oblige vraiment, que toute obligation est imaginaire.

Je savais que l’excès dans le travail ou le fait de trop m’en demander pouvait être nuisible, me rendre maussade, découragée ou épuisée, alors que ce que je souhaitais pour moi était tout autre. Si une journée me semblait difficile à traverser, je ne m’en faisais pas avec cette impression et je prenais immédiatement des mesures appropriées : je me retirais dans une petite pièce fermée pour me recentrer et respirer en me bénissant, et surtout je pratiquais une joyeuse indifférence à l’égard de cette difficulté que je jugeais momentanée.

Bref, après avoir appris à saisir le monde comme une projection de ma pensée, à le voir et à l’entendre comme s’il se déployait devant moi pour la première fois, je tentais – ce que je fais toujours – de m’en tenir à mes principes. Au bout du compte, au lieu de tenir mes proches responsables de ce qui m’arrivait, je leur montrais un visage souriant, sachant très bien que rien ne pouvait plus me déstabiliser.

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