Pour terminer cette série, je vais vous entretenir ici de ce qui à mon sens donne toute sa valeur à un partnership amoureux. En fait, ces réflexions sont fondées non seulement sur ma propre expérience, mais également sur les centaines de confidences que j’ai reçues au cours des dix dernières années en tant que consultante en relations amoureuses.

Ce que je veux dire, c’est que les conjoints éduqués à cet art de vivre (ceux qui auront réussi à former leur propre réseau) en apprécieront particulièrement les avantages à des moments très cruciaux de leur vie de couple. Ces périodes, dont je vais vous fournir ici les exemples, vous sembleront peut-être (si vous êtes jeunes) appartenir à un futur lointain, donc peu importants pour l’instant, mais, croyez-moi… ils viendront.

Au cours de sa pré-ménopause par exemple, la femme que son système hormonal déréglé rend facilement irritable et changeante d’humeur, épuisée par des insomnies dues aux chaleurs nocturnes, sujette aux infections vaginales, dépourvue de libido et par conséquent (temporairement ou non) fatiguée du sexe, se sent soudainement bien misérable devant ce qui lui arrive (et l’homme également de la voir ainsi). Par amour pour son conjoint, par peur de le perdre ou parce qu’elle sait au fond d’elle-même qu’un homme peut devenir malade par manque de sexe ou d’affection, elle se sentira malgré tout « obligée » de continuer à faire l’amour avec lui. Ou bien, en dépit de ses malaises, tentera-t-elle en vain de maintenir sa vie sexuelle tout en espaçant les relations, ou bien avisera-t-elle son conjoint de son besoin de prendre une pause. La routine du quotidien et le manque de fantaisie au sein du couple s’étant en outre installés, nous devinons la raison pour laquelle quantité d’hommes se retrouvent dans les salons de massage érotique ou développent une relation extra-conjugale (dont ils se sentent coupables) après quinze, vingt, vingt-cinq ans de vie commune! Si vous ne me croyez pas, informez-vous. (Et n’allons pas penser que l’un est plus fautif que l’autre: chacun fait de son mieux pour rester en vie, c’est tout.)

Aussi, pour une femme déjà éduquée à ce mode de vie, savoir son compagnon dans les bras de partenaires qu’elle aura appris antérieurement à connaître et à estimer sera pour elle à cette période de sa vie non seulement une délivrance (autant physique que morale), mais aussi une façon de comprendre son homme, de l’appuyer et de le garder. On comprendra ici du même coup que si elle pouvait elle aussi retrouver sa libido en renouvelant son énergie auprès d’un de ses amoureux ou d’un nouvel Apollon récemment rencontré, personne n’aurait à redire.

Pour ce qui est du cas de l’homme dans la cinquantaine aux prises avec « le démon du midi » qui l’incite à chercher ailleurs des sensations fortes et par conséquent à mettre son couple en péril, ce problème n’existe plus au sein d’un partnership : la femme qui est déjà familiarisée avec le partage en amour ne peut plus dès lors souffrir du comportement de son conjoint, parce que ce dernier, habitué à profiter de sa liberté, n’en fera pas tout un plat.

Du reste, au sein d’un partnership amoureux, l’homme malade, absent de chez lui pour le travail ou incapable de satisfaire sexuellement sa conjointe serait également heureux de la savoir auprès d’un ami commun qui pourra la combler. Il sait que s’il veut la garder en santé auprès de lui, la meilleure façon est de la laisser libre de pouvoir s’émoustiller comme elle l’entend auprès d’autres partenaires. Revigorée, reconnaissante envers son conjoint, elle saura lui faire profiter en retour de sa nouvelle vigueur.

Rien ne vaut mieux, pour donner toute son ampleur à l’amour, que la vérité entre les partenaires, la compréhension des désirs et des besoins de chacun, le soutien intégral de l’autre dans sa façon d’être et une ouverture d’esprit commune incitant à respecter les tendances naturelles et la liberté de chacun. De façon générale, la plupart des gens s’entendent sur ce point  « en théorie »; mais, qu’en est-il dans la pratique?

Sans doute comprend-on mieux maintenant pourquoi Louis-Ferdinand Céline écrit que l’amour est l’infini à la portée des caniches, tandis que le philosophe André Moreau nous rappelle constamment que :

« Pour aimer, il faut être ».

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