Avez-vous remarqué que les enfants d’une même famille diffèrent souvent les uns des autres de par leur tempérament, leurs goûts ou leurs aptitudes et qu’ils ne ressemblent parfois physiquement ou psychiquement que de façon infime à leurs parents, au point qu’on se demande s’ils sont bien leurs enfants légitimes. C’est que, bien qu’ils soient issus de la même souche et que l’un peut avoir les yeux de la mère ou l’autre le menton du père, ils se sont donné, pour apparaître en ce monde, ces géniteurs particuliers en vertu d’une parenté d’essence. Aussi, qu’importe la provenance, il y a toujours une raison à notre naissance. Le hasard n’existe pas et nous venons au monde en fonction de notre entéléchie. On pourrait dire que c’est notre avenir qui nous propulse sur le plan physique et que nous sommes par conséquent les héritiers de notre futur.

Le poète romantique s’est dit qu’il chanterait l’amour déçu ; le futur criminel, qu’il tuerait deux personnes ; un autre, qu’il serait un sage ou un saint. Quand on regarde la vie de Jésus, de Gandhi ou de Mahomet, on peut comprendre qu’ils se soient donné un Grand Destin.

Dès la conception nous sommes responsables de ce qui nous arrive ! La contribution de nos parents en tant que géniteurs reste importante en ce sens qu’ils nous aident, nous orientent et nous soutiennent ou au contraire nous rendent la vie difficile. Quel que soit le contexte dans lequel nous évoluons auprès d’eux, leur rôle dans notre existence ne tient jamais du hasard, puisqu’il représente une entrave ou un encouragement à nous réaliser sur le plan êtrique. Le conformisme familial dans lequel nous grandissons la plupart du temps contribue davantage à nous endormir qu’à nous éveiller, c’est-à-dire à nous retarder dans notre projet d’accomplissement, et c’est pourquoi nos liens du sang incarnent plus souvent qu’autrement une limite que nous nous sommes donnée pour pouvoir nous illimiter.

Or, vive les limites ! car l’objectif spirituel de notre venue au monde n’étant autre que de nous réapproprier notre divinité (c’est-à-dire de convertir notre personne limitée à sa plus haute dimension par la constitution de notre être), ces « bienheureuses limites », pour reprendre le mot d’André Moreau, nous deviennent alors favorables dans la mesure où nous les utilisons pour élargir le champ de notre conscience.

Nous nous sommes donné nos parents, le pays et l’époque dans lesquels nous allions naître de la même manière que nous avons sélectionné nos faiblesses, nos qualités, nos défauts, notre tempérament et tout le reste dans le but de voir comment nous pouvions nous en tirer sur le plan physique. C’est ce que nous appelons la petite entéléchie, nommée communément le petit destin : l’un sera handicapé physiquement ou mentalement, un autre ne le sera pas mais se détériorera vite par l’usage des drogues dures ; un certain deviendra pompier, avocat, soudeur ou épicier, tandis qu’un autre enseignera à de jeunes enfants, sera un homme d’affaires sans scrupule ou mendiera dans les rues.

Tant que la question de l’être ne se posera pas chez l’une ou l’autre de ces personnes, elles subiront leur destin. Qu’il s’agisse d’un millionnaire ou d’un pauvre, d’une vedette de cinéma en pleine gloire, d’un joueur de hockey populaire ou d’un monsieur tout le monde qui fait son petit bonhomme de chemin, chacun poursuivra sa route avec plus ou moins de conscience et sera rejoint tôt ou tard par la peur de Dieu, la peur de la mort et des morts, la peur du destin, la peur de l’inconnu ou de la solitude, et trouvera dans la mort son dernier sommeil.

L’entéléchie êtrique représente le Grand Destin de celui qui veut se réaliser sur un plan supérieur et qui se choisit lui-même comme absolu. Cette décision consciente que prend ce dernier n’a plus rien à voir avec ses parents, sa famille, sa renommée ou son statut social, puisqu’il s’agit d’une réponse personnelle à un appel puissant de quelque chose qui l’attend et qu’il laisse grandir en lui. Par une intervention volontaire, se reconnaissant dès lors seul en charge de sa vie, celui-ci se dit : « Oui ! Je vais m’accomplir ! ». C’est ainsi qu’il congédie la nature pour s’en remettre à la conscience et que, de la loi générale sous laquelle il était inscrit (la loi de tout le monde avec sa pensée matérialiste grossière et son ignorance), il se soumet à une loi plus subtile, celle de la loi d’exception qui relève de l’esprit, de la pensée pure, de la connaissance et de la vérité. C’est alors que, par un acte de confiance intégral en son être profond, il devient fils de lui-même et maître de sa vie !

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