Sommes-nous réellement nous-mêmes, ou ne sommes-nous pas plutôt le résultat de ce que les autres (parents, église,environnement immédiat et influences diverses) ont fait de nous ? Avons-nous accepté, d’emblée, d’être comme les autres, de faire comme les autres, de penser comme les autres, sous prétexte que, puisqu’ils constituaient la majorité, ils avaient probablement raison ?

Mais, si cette majorité, justement (la foule, la masse, le commun des mortels, les « suiveux » comme on dit) ne s’était jamais remise en question et avait toujours accepté, sans sourciller, les vieux principes poussiéreux d’une morale castratrice, pourrait-elle ouvrir les yeux et cesser d’obéir à ces lois qui ne lui conviennent plus pour établir  enfin ses propres règles ? Ce serait impossible, car sans un travail préalable, ce serait comme attendre un miracle.

Qui peut dire qu’il est vraiment lui-même ? Qui est réellement capable de décider de ce qui est bon pour lui, en dépit des opinions des autres, des modes, des courants sociaux, des qu’en dira-t-on, des  conventions et de la morale ?

Celui qui, à son insu (c’est-à-dire pratiquement tout le monde) est devenu le résultat de toutes les influences qu’il a subies au cours de sa vie, ne s’appartient pas.  Il n’est pas lui-même, il est le produit des autres. Les influences viennent de toutes parts, certes, et personne ne peut y échapper : untel nous dit ceci, un autre nous dit cela, un troisième autre chose, et chacun d’eux tente de nous convaincre de sa vérité.

Être soi-même signifie avoir entendu sa voix intérieure, trouvé sa propre vérité. Avoir la force d’être soi-même implique de suivre son orientation sans compromis et en toute confiance, de ne plus prendre des autres que ce qui peut désormais nous convenir. C’est être pétri de sagesse, de profondeur, de paix et de force. « Ne sois pas l’ombre de ton maître, mais le maître de ton ombre », nous dit Nietzsche.

L’éveil consiste à trouver sa loi, à s’en tenir à son éthique, à vivre d’éternité sur terre sans céder ni devenir fou. On ne naît pas dieu ou déesse, on le devient. Apprendre à devenir ce que l’on est fondamentalement à travers nos limites, nos faiblesses et nos lacunes, avec les autres ou en dépit des autres s’il le faut, en les bénissant et en se bénissant, assumer son chaos et le surmonter dans la joie requièrent beaucoup de force intérieure.

Mais comment faire ? demanderez-vous. « Mauvaise question ! » nous répondrait André Moreau. « Décidez-le, pour vous, une fois pour toutes ! Écoutez-vous ! Trouvez votre voie et n’en dérogez plus ! Congédiez les influences qui ne font plus votre affaire, cessez de tout dramatiser, lâchez les techniques, arrêtez de vous battre avec les autres et surtout avec nous-mêmes, de vous mentir ou de leur mentir, sachez dire non avec le sourire, ne vous avancez pas plus qu’il ne faut, comprenez que le seul travail qui ne vous dégrade pas est celui que vous faites sur vous-mêmes, bénissez et remettez-vous en à votre être pour tout et puis, enfin, faites ce que vous voulez mais faites-le consciemment ! »

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