Peut-il y avoir quelque chose de plus merveilleux sur terre que de se sentir heureux pour rien ? Porter le bonheur en soi, sans absolument aucune raison ! Ne serait-ce pas là l’état suprême que nous recherchons tous ?

Nous ne parlons pas ici bien entendu de l’état des gens naïfs qui croient que tout le monde il est beau il est gentil, mais de l’état de quelqu’un qui sait que sa vie ressemble à ses pensées et qu’il en est de même pour les autres. De ce fait il cesse de souffrir, se sachant autant responsable de son malheur que de son bonheur ! Il peut dès lors décider d’être heureux, puisqu’il sait que son bonheur ne dépend que de lui.

Qu’est-ce qui nous rend malheureux ? Ce sont certaines pensées que nous entretenons en esprit et leurs misérables résultats dans notre vie, nos pensées constituant la trame de notre réalité. Nous doutons, par exemple, et nous voyons nos projets s’effriter, ce qui nous fait souffrir. Nous craignons quelqu’un ou appréhendons une situation embarrassante, et nous nous voyons pris au piège de ce que nous avions redouté : nous souffrons encore ! Nous envisageons avec angoisse des malheurs, et voilà qu’ils nous affligent. Oui, nous recevons à chaque instant le résultat de nos pensées !

Mais encore, qu’est-ce qui peut nous rendre malheureux ? Sûrement le fait de nous complaire dans notre passé douloureux, sinon de craindre notre avenir ! Dans les deux cas nous ne vivons pas au présent. Nous fuyons, soit par en arrière (le passé), soit par en avant (le futur). Ou encore par en haut (le ciel) quand nous prions un Dieu qui nous est inconnu, ou alors par en bas quand nous nous réfugions dans l’inconscient, qui n’est en fait que le conscient qui s’amuse à se dissimuler des choses à lui-même ! Une personne qui s’applique à être consciente, donc claire et limpide, ne sera jamais aux prises avec ce qu’on appelle l’inconscient.

Maintenant que nous connaissons ce principe, peut-être faudrait-il nous poser la question : s’il vaut pour les choses négatives, le vaut-il aussi pour les choses positives ? Absolument !

Toutefois, pour connaître le bonheur sans objet, il serait impératif de vivre dans le moment présent ! Sans regrets, sans remords, sans craintes, sans espoirs. Pourquoi sans espoirs ? Parce que l’espoir confirme notre pénurie, notre indigence. Si j’espère quelque chose, c’est qu’il n’est pas là, donc j’en souffre. Mais avez-vous remarqué combien nous avons tendance en général à en vouloir toujours plus, comme il nous est difficile de nous satisfaire d’un rien !

Comprendrons-nous un jour que le bonheur est gratuit, qu’il est à portée de notre main, et qu’il n’en tient qu’à nous de le saisir ? Le bonheur sans objet sur terre, cela est-il possible? Oui, ce l’est !

Nous avons à peu près tous ressenti, à un certain moment de notre vie (ne serait-ce qu’une fraction de seconde), comme une sorte d’euphorie s’emparer de nous. Un grand bonheur indicible qui faisait exploser toutes les cellules de notre corps ! C’était comme si, pendant quelques instants, nous étions devenus la Lumière ! Comme si une grande légèreté s’était emparée de nous ! Ça, c’est le bonheur sans objet qui a montré le bout de son nez pour nous familiariser avec cet état d’être. Plus nous arrivons à apprécier les moindres petites choses de la vie, à nous satisfaire d’un rien, à être heureux sans raison, bref, à nous familiariser avec le bonheur sans objet (c’est-à-dire avec le paradis), plus nous nous intéressons, non pas à l’éphémère et à ses illusions, mais à ce qu’il y a de permanent en nous, eh bien, plus nous accroissons notre capacité à nous faire Être !

Et l’être, selon les mots du philosophe André Moreau, c’est « le néant surmonté dans la joie ».

Pensez-y : surmonter notre néant par la joie ! À mon avis, il n’y a rien de plus important à faire sur terre, étant donné que tôt ou tard dans la vie nous sommes tous confrontés à notre propre néant d’être. Pourquoi ? Eh bien, nous l’avons déjà dit, parce que l’être, ça n’existe pas ! Nous sommes comme des foyers qu’il nous faut allumer !

Si vous me suivez bien, nous venons ici de comprendre que pour faire exister l’être, nous devons faire l’apprentissage du bonheur. Je ne parle ici d’être joyeux parce que je viens de m’acheter une belle robe, une voiture de luxe ou une moto, ou que je viens de tomber en amour et vois des étoiles. Non, je parle d’un bonheur profond que j’installe en moi-même et que je laisse croître.

Il s’agit de s’installer dans son noyau êtrique de confiance, dans la plénitude de son être (l’être qui n’est pas là, mais qui se fait de plus en plus présent au fur et à mesure qu’on fait appel à lui).

Tout ceci, j’en conviens, n’est pas très facile à comprendre à première vue. Surtout que pour saisir ce genre de notions, il doit d’abord y avoir en soi un appel à l’être que beaucoup, vous l’admettrez, refusent par crainte de perdre leur avoir ou leur pouvoir, comme nous l’avons déjà expliqué.

Pour conclure, je vous proposerais quelque chose ici: maintenant que nous avons appris à bénir, pourquoi cette semaine ne pas bénir notre joie profonde, le bonheur dans notre vie ? C’est en semant des graines et en les arrosant qu’on voit fleurir son jardin !

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