Les précurseurs du Jovialisme

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L’hédonisme est connu pour être la philosophie du plaisir. Les Sybarites, qui vivaient au 6e siècle av. J.-C., s’adonnaient à des épanchements lubriques inspirés par les fêtes du calendrier et les célébrations religieuses. À l’époque de Pythagore, ils opposaient à celui-ci une philosophie de la douceur de vivre plutôt qu’une philosophie de la maîtrise de soi et de l’ascèse intérieure. C’est pourquoi ils furent persécutés et virent leur ville incendiée.

Trois siècles plus tard, Épicure a donné des lettres de noblesse à l’attitude philosophique orienté au plaisir, en la couronnant d’une éthique dominée par l’ataraxie (qui signifie le repos du sage). Détente, indifférence joyeuse, détachement devenaient les attributs de la sagesse. Des 200 traités qu’Épicure a écrits, trois lettres seulement nous sont parvenues. Déconsidérés par l’époque, ses disciples étaient traités par Cicéron comme « les pourceaux du troupeau d’Épicure ». Encore une fois, le consentement aux plaisirs de la chair, aux célébrations gastronomiques et, au bonheur, tout compte fait, passaient pour dégrader l’homme en l’emmenant à penser à des choses futiles plutôt qu’à s’intéresser à la politique ou aux affaires dites sérieuses!

La loi générale – La loi d’exception

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Bonjour à tous,

La planète terre, qui représente le plan physique, nous assujettit tous autant que nous sommes à la loi générale. Elle est, comme le disait Mr. Gurdjieff (ésotériste du 20e siècle), la sainte planète du purgatoire !

Pourquoi la qualifiait-il de purgatoire ? Parce que, piégés par la loi générale, nous y souffrons, tant que nous n’avons pas compris l’essentiel. Et pourquoi donc est-elle sainte ? Parce que c’est grâce à elle, et aux limites qu’elle nous impose, que nous pouvons apprendre à devenir vaste et à conquérir notre immortalité. Car, au bout du compte, qu’est-ce qui pourrait le mieux justifier notre passage sur terre, si ce n’est la quête de notre immortalité ?

Or, la Terre est régie par la loi générale, comme nous le savons maintenant. Celle-ci est la loi de l’effort, du sacrifice, de la souffrance et de l’abnégation. Elle est aussi celle du compromis qui nous incite à piétiner nos convictions. Elle représente la voie du plus grand nombre, avec ses conventions et ses interdictions, et maintient l’homme dans l’inconscience, dans l’ignorance et dans le sommeil profond.

La loi générale

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Bonjour mes amis,

La loi générale, qu’est-ce, sinon, la loi de tout le monde qui incite tout un chacun à se comporter comme un humain, trop humain, c’est-à-dire pas assez divin, et qui l’amène à se soumettre à un Dieu extérieur à lui, à l’État, à l’Église, à sa famille, à son patron, ou à toute autorité autre que la sienne propre.

La préoccupation majeure de loi générale : inciter l’homme à devenir un bon citoyen, un bon parent, un être irréprochable ; l’encourager à penser comme tout le monde, à engraisser le système (qui l’abrutit), à s’oublier pour les autres, notamment pour la patrie. « La patrie », qui est le mot préféré de la loi générale ! Et pourtant, si chacun s’appliquait à conscientiser sa vie, il ne songerait jamais à faire la guerre pour sa patrie. Car, dites-moi, à qui profite vraiment la guerre, quand nos jeunes reviennent estropiés ou dans un cercueil ?

Le rappel de soi

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Bonjour à tous,

Nous l’avons vu, nous devons apprendre à devenir conscient afin de cesser de nous soumettre à la loi des autres pour pouvoir aller dans le sens de nos désirs, de nos aspirations, de nos inclinations. Nous devons aller là où nous nous sentons attirés, là où nos tendances naturelles nous appellent, là où notre don peut trouver à s’exprimer. (Nous avons tous un don, il s’agit de le découvrir et de le développer.) Mais pour cela, il devient impératif de congédier les vertus qui nous font croire que nous ne sommes pas vertueux, et la morale avec son lot de préjugés et d’interdits qui n’est qu’un moyen de contrôle des consciences.

En ce monde où les influences sont nombreuses, il faut être fort pour être soi-même, étant donné que tout nous tire constamment dans un sens ou dans un autre. Nous devons cesser de nous identifier à tout le monde et de souffrir à cause de l’opinion des autres. Prendre conscience de soi, c’est-à-dire se regarder être et devenir son propre témoin, représente le premier pas vers la liberté. Ne l’oublions pas, la liberté ne réside pas dans le choix (puisque celui qui choisit s’appauvrit), mais dans le laisser-être !

Le Jovialisme (2/2)

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Bonjour à vous!

Vous aimez la beauté? Vous voulez être heureux? Vous recherchez la vérité et êtes prêts à l’entendre? Votre aspiration profonde est louable, puisque qu’elle confirme votre soif d’authenticité et révèle votre désir de permanence !

Le philosophe Thomas d’Aquin disait que le beau est la splendeur du vrai. Effectivement, quand la vérité est absente, ou qu’elle est travestie, elle ne peut qu’engendrer de la confusion chez celui qui la révèle, tout autant que chez celui qui la reçoit et, tôt ou tard, le laid prend la place du beau. Pourquoi ? Parce que l’illusion, le manque de conformité à soi-même, le mensonge et le non-dit enlaidissent. Il en va du bien comme du beau.

Bon été à tous!

Mes chers amis,

Ce fut une réelle joie pour moi d’avoir pu vous exposer certains thèmes jovialistes.

Je dis bien « certains thèmes » car le Jovialisme,  comme je l’ai déjà dit, est bien plus que ce que nous avons déjà vu ensemble. En effet, il représente une vision du monde vaste et approfondie dont la cohérence ne peut manquer d’être constatée par tous − à moins d’être de mauvaise foi ou trop endormi pour pouvoir le voir.

Pour la saison estivale, je vais maintenant vous proposer d’écouter chaque semaine, avec attention, les émissions de radio « Propos sur le Bonheur » auxquelles j’ai déjà participé et qui, en outre, continuent d’être orchestrées diligemment par Nicolas Lehoux, le président du Mouvement jovialiste, dont d’ailleurs je salue grandement l’impeccabilité.

Je veux aussi profiter de l’occasion qui m’est donnée ici pour vous remercier − vous tous, les jovialistes de la planète! − de l’intérêt que vous portez à cette philosophie et à son fondateur André Moreau qui n’a cessé, depuis maintenant 50 ans, de nous éveiller et de nous pousser à notre plus haute dimension. En réalité, je devrais plutôt vous féliciter de la souplesse, de l’ouverture d’esprit et de l’intelligence dont vous faites montre en vous intéressant à cette merveilleuse vision du monde qui est pourtant mal comprise, souvent banalisée et même ridiculisée par certains, comme on le sait. Concevoir le bonheur comme une manière de convertir sa misère émotionnelle (son manque d’être) en clarté afin de pouvoir accéder à son propre sommet métaphysique semble, en effet pour quelques-uns, une chose légère, dérisoire ou immorale.

Qu’à cela ne tienne! Nous, les Jovialistes, nous avons décidé d’être heureux!

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P.S. Je continue de travailler assidûment à la rédaction de mon second roman Le Mirage corse qui a des chances d’être publié cet automne par les Éditions Vox-Populi — que je tiens d’ailleurs à remercier pour le soutien et la possibilité qu’elles m’offrent de faire connaître mon oeuvre littéraire.